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CULTURE ET TRADITIONS

La Sebiba, fête culturelle Touareg

Le carnet d’exploration
La Sebiba, fête culturelle Touareg

Au cœur de l’oasis de Djanet au sud-est de l’Algérie se tient un festival de chants et de danses se déroulant chaque année, la Sebiba.

 

L’histoire de cette fête millénaire

La Sebiba est la plus importante célébration des Touareg du Tassili n’Ajjer, région saharienne qui s’étend au sud-est de l’Algérie jusqu’à la frontière avec la Libye.

Cette cérémonie tribale typique a lieu chaque année depuis plus de 3 millénaires dans l’oasis de Djanet. Sa date est liée au calendrier lunaire musulman. Elle est célébrée chaque année à l’Achoura, le dixième jour du premier mois du calendrier, d’où le mot Sebiba qui signifie 10ème jour.

La Sebiba prend ses racines dans une histoire très ancienne et puiserait son origine sur la victoire de Moïse sur Pharaon et ses troupes le jour de l’Achoura..

À cette époque, la tradition rapporte que deux tribus du Tassili n’Ajjer, les Oraren et les Tra’orfitt, menaient une guerre depuis de longues années. Ce n’est qu’en apprenant la victoire de Moïse qu’ils décidèrent de mettre fin à leurs conflits et scellèrent un pacte de paix.

Les populations Touareg du Tassili n’Ajjet et ses pays voisins se réunissent depuis cette date pour la célébration de la Sebiba. Les deux communautés perpétuent la tradition en simulant une guerre sur le lieu historique du combat.

Inscrite sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2014, la Sebiba représente une véritable rencontre de la culture Touareg. Le festival permet la transmission du patrimoine Touareg, de promouvoir la culture auprès des touristes et de mobiliser les savoir-faire grâce aux artisans qui fabriquent les tenues, bijoux, instruments et épées.

 

Déroulement de la Sebiba

Durant dix jours, toute la ville de Djanet se prépare pour célébrer cette fête. 

Au bout du dixième jour, le cortège des habitants défile de quartier en quartier au rythme des tambours jusqu’à la place du combat.

De nombreux spectateurs viennent assister à la cérémonie qui va durer 4 heures. On aperçoit des groupes de femmes vêtus de costumes traditionnels aux couleurs vives.

Les sages des quartiers arbitrent le combat et le chef, habillé généralement d’une tunique bleue, est le maître de cérémonie. Chaque camp a un chef pour motiver et vérifier les tenues et danses de leur équipe.

Les deux communautés commencent à se livrer à une guerre « sans sang ». Chants, costumes et danses font désormais l’objet du combat. 

Les hommes dansent en exposant leurs plus beaux costumes traditionnels, l’épée dans une main et le foulard dans l’autre pour signifier le conflit et le pacte de paix. Les hommes sont vêtus d’un takambout (sorte de chéchia avec une décoration triangulaire en argent ou métal), d’un chèche noir pour cacher toute la tête, d’un sarouel, d’une longue chemise serrée au poignet et d’une gandoura indigo à bandes rouges, bleue et noire. À cela, s’ajoute une ceinture rouge croisée avec un chèche blanc. Sur le chèche, un ruban bleu avec des petites bandes bleu indigo finisse le costume. Sans oublier, les accessoires : épée, poignard de bras et lance en bois. 

Les femmes sont parées de leurs plus beaux costumes indigo et de bijoux. Elles entonnent des chants Touareg au rythme du ganga, genre de tambourin, pour encourager les guerriers. 

Les danseurs des deux camps déploient leurs tuniques, épaule contre épaule, dans une chaîne impressionnante. C’est le point culminant de la cérémonie pour convaincre les juges et vaincre l’adversaire.

Parmi les spectateurs, les hommes d’une tribu noble assistent au spectacle sur leurs dromadaires. En fin de journée, ils donnent leur verdict en se dirigeant vers les vainqueurs et viennent clore la Sebiba. 

 

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