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CULTURE ET TRADITIONS, SITES

Gravures rupestres de la vache qui pleure à Tagharghart

Le carnet d’exploration
Gravures rupestres de la vache qui pleure à Tagharghart 

L’invention de l’agriculture par l’homme marque son entrée dans le néolithique. Une période marquée par de profonds changements techniques et sociaux fondés sur l’agriculture, l’élevage et impliquant le début de la sédentarisation. Les principales innovations sont le développement de l’architecture, le tissage et la généralisation de l’outillage en pierre polie.

Au terme de milliers d’années d’évolution, l’homme s’établit pour vivre autrement. Il se sédentarise, passe d’une économie de prédation, à une économie de production, et de domestication animale. 

L’homme commence à relater par la gravure et la peinture, tout ce qui est relatif à son quotidien.

C’est dans le Sahara central, dans les massifs du Tassili n’Ajjer et du Hoggar, que l’on trouve peinture et gravures liés à l’art rupestre saharien. Plusieurs milliers d’œuvres sont répertoriées depuis le début des découvertes (19e siècle) et continuent de fasciner les chercheurs du monde entier.

Une des gravures les plus emblématiques du Tassili n’Ajjer est sans conteste celle des bovidés, plus communément nommée :  la vache qui pleure. L’appellation originale de ces gravures est “idharen naw el den”, qui signifie les pierres du berger. Avec la venue des touristes, son nom a changé au fil du temps pour devenir “la vache qui pleure”. 

La gravure représente un petit troupeau de bovidés, appelés zébus, espèce très répandue dans l’Afrique subsaharienne et qui existait dans la région il y a longtemps.


Un chef-d’œuvre de la sculpture
néolithique

Les gravures rupestres de la vache qui pleure se trouvent à environ 25 km de l’oasis de Djanet, dans le sud-est de l’Algérie. Dans le parc culturel du Tassili, dans la région de Tagharghart, émerge du sable un grand monolithe, un bloc de pierre massif. Sur l’une de ses faces apparaissent les gravures.

On peut considérer les gravures rupestres de la vache qui pleure comme un chef-d’œuvre de la sculpture néolithique. Elles sont datées de plus de 7000 ans.

Premièrement, un chef d’œuvre de par sa sculpture. Les spécialistes considèrent cette gravure comme un bas-relief, faites de profonds sillons creusés dans la roche apportant un relief, techniques différentes des autres gravures réalisées par piquetage que l’on peut apercevoir dans le Tassili.
Deuxièmement, un chef d’œuvre émotionnel. Les différents portraits de vaches sont très réalistes. En harmonie extraordinaire, les vaches, larmes au coin, semblent attendre l’arrivée de l’eau suscitant de nombreuses interprétations et légendes.


Pourquoi “la vache qui pleure” pleure t-elle ?


Les chercheurs ne se sont pas entendus sur l’explication de cette gravure. Ces bovidés mélancoliques reflètent plusieurs interprétations.
Selon certains, lorsque l’eau manque dans l’organisme des vaches, leurs yeux sécrètent un liquide. Selon d’autres, il s’agit d’une marque de couleur différente du reste du corps de l’animal.
On raconte également que les pasteurs faisaient paître et boire leurs troupeaux à cet endroit, puis migraient vers de nouveaux pâturages. Pendant une année, la pluie n’était pas tombée et à leur retour, l’herbe n’avait pas repoussé, les mares et les puits étaient vides. Les vaches se sont alors mises à pleurer…avant de mourir.
Mais la légende la plus répandue et celle racontée par les Touaregs est que « ces vaches venaient pâturer dans le coin, et il y avait une guelta d’où elles s’abreuvaient. Pendant les périodes de sécheresse, il devenait rare de trouver de l’eau, d’où cette larme qui coule de l’œil de ces vaches. L’artiste a voulu immortaliser cette image en faisant cette gravure » explique Mohamed Beddiaf, ancien directeur général de l’Office du Parc National du Tassili n’Ajjer.