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Voyage vers l’insolite et la préhistoire

Le carnet d’exploration
Voyage vers l’insolite et la préhistoire

Le club SANTEVEIN présente la seconde édition de la Transharienne de la phlebologie 

 

Voyage vers l’insolite et la préhistoire

Dr Zerrouk S

 

  • L’idée

Avez-vous déjà rêvé de voyager un jour dans une étendue désertique, loin des tumultes, à l’écart de votre espace-temps, loin de votre zone de confort, de vos préoccupations  de femme et homme actifs hyperconnectés dans un silence radio-numérique complet?

 

L’idée d’une transaharienne regroupant des médecins m’est venue il y a quelques années alors que je parcourais les immensités désertiques du Sahara, où j’ai appris à me ressourcer. Plus de vingt un ans plus tard, la première édition a vu le jour. A l’initiative du club de médecins vasculaires SANTEVEIN, la seconde édition de la “La Transaharienne de la phlébologie” s’est déroulé la semaine à cheval, ou plutôt devrais-je dire à  dos de chameau, entre 2023 et 2024. Elle a regroupé 13 médecins vasculaire, pour la plus part n’ayant aucune expérience du désert.

 

  • Tassili N’ajjer

Notre petit groupe de confrères a été emmené par une équipe de professionnels, formé en grande partir de Touaregs,  dans un périple insoupçonné au fin fond de la Tadrart rouge au sein du Tassili N’Ajjer.   Situé dans l’extrême sud de l’Algérie aux frontières de la Lybie et du Niger et grand comme trois fois la Suisse, ce territoire  est considéré comme un des plus vastes musées à ciel ouvert au monde. Connu pour ses fresques et gravures rupestres découvertes en 1933, il sera classé par l’UNESCO  patrimoine mondial, réserve de la biosphère. (1)

 

  • Le voyage

Bien que groggys par le vol de nuit et des dizaines de kilomètres parcourus sur  nos montures motorisées, conscients de vivre une expérience peu commune, nos esprits demeuraient en éveil à l’affut de la moindre sensation. Ainsi, dès l’arrivée à notre premier campement, la nature s’est présentée à nous sous l’apparence intrigante de jeux d’ombres aux contours difformes, difficiles à distinguer sous une nuit de suie. Drapée de senteurs acres, encore inconnus à nos sens,  une légère brise à l’air sec piquait notre curiosité  et ravivait nos appréhensions. Un sentiment mitigé, s’empara alors du petit groupe, habitué pour la plus part à des accueils  plus conventionnels et des chek-in plus rassurants. Ils ne se connaissaient que très peu, et l’excitation a peine dissimulée des premières heures de notre rencontre, a cédé la place à des interrogations sur la suite des évènements.

 

 

  • Le bivouac

Blottis dans des petites tentes au confort spartiate,  nous avons eu droit à trois heures de sommeil, étonnement récupérateur. Les premiers rayons de soleils jaillirent par les interstices de nos  voilages rudimentaires pour lécher nos yeux embués par la fatigue. Nous ne savions pas encore qu’il allait se dérouler,  une fois la fente de nos lucarnes entrouvertes, le premier acte d’un spectacle qui ne s’encombrera d’aucun préliminaire. Une scène, au décor hors norme, jetée en pâture sous nos yeux ébahis, allait devenir, pour notre grand bonheur notre terrain de jeu et de marche quotidien. Nos dernières résistances venaient de s’évaporer avec la dernière buée de condensation agrippée à nos tentes.

 

  • La marche

« La marche de notre expédition s’articulait sur deux jambes ». La première a requis un minimum d’engagement physique. Nous avons évolué,  chaque jour sur un sol sableux, parfois mouvant sur de gigantesques dunes pour en évaluer les effets sur la pompe veineuse.  L’effort consentit et l’énergie dépensée sur des surfaces aussi instables, ne pourraient être comparable à la marche sur l’asphalte ou tout autre terrain rigide. (2) (voir encadré)

 

Des paysages cinématographiques, dignes des plus grandes productions, ont défilé sous nos yeux  et jalonné nos marches matinales.  Nous étions encadrés par un guide de marche aguerri au terrain particulier, battant la cadence de notre progression. D’un pas assuré, il dessinait  des méandres de petits chemins à suivre au travers  des  dédales de roches sculptés par les vents, qui n’avait d’égal que l’amoncellement chaotique d’un décor extraterrestre.

 

  • Art rupestre

Dans ce fabuleux  territoire recelant des milliers de gisements, la  seconde thématique de notre voyage s’imposait d’elle-même. Selon l’UNESCO, (1) le Tassili N’Ajjer représente l’un des plus importants ensembles d’art rupestre préhistorique du monde. Plus de 15 000 dessins et gravures permettent de rendre compte des bouleversements climatiques, de l’évolution humaine   et de son apport  à la révolution néolithique. Certains chercheurs avancent même la thèse d’un véritable foyer civilisationnel pré-pharaonique (3). Ce terroir culturel exceptionnel, gorgé de témoins archéologiques, n’a cessé de fasciner depuis un siècle, explorateurs, voyageurs impénitents et scientifiques.  Marceau Gast (3 ) disait dans sa préface du « Tassili des Ajjers » (3) « qui n’a pas visité ces lieux ne peut comprendre cette émotion, ce respect religieux que le plus fruste des voyageurs pourra ressentir ». Au plus près de ces vestiges, incroyablement conservés et entourés d’ éléments minéraux à la majesté incontestable, nous ressentions l’immense  privilège de nous retrouver dans ces lieux de transmission au leg inestimable. Sous les traits d’une finesse d’exécution remarquable, les sculptures et peintures pariétales témoignent de la richesse de la faune et la flore qui a inspiré ces premiers artistes de l’humanité. On pouvait suivre les scènes marquant la vie quotidienne et sociale préhistorique, relatant la chasse d’un gibier, aujourd’hui disparu, puis la domestication progressive des espèces. Comme un clin d’œil à notre métier, les gravures de l’Oued Djerat, montrent  des bandes des chasseurs-guerriers portant de la compression-contention (4) (voir photos)

 

  • les soirées

Nos visites s’achevaient chaque soir en apothéose dans des  bivouacs savamment orchestrés. Les hommes bleus du Sahara, à la peau tannée et mordorée, aux regards espiègles et bienveillants, avaient le cœur à l’ouvrage. Par des gestes répétitifs et assurés, ils étaient à la fois guides, chameliers, chauffeurs de 4X4, artistes et cuisiniers égrenant recettes et déclamant poèmes issus d’un héritage ancestral. Nos hôtes n’ont ménagé aucun effort, allant jusqu’à nous transporter à dos de méharis avant de transformer nos demeures éphémères en des caravansérails taillés à la mesure de nos attentes.

 

Ainsi, chaque soir, nous les rejoignons en un cercle unique, tête contre pieds, à la façon d’un rituel mystique autour d’un  brasier habilement allumé. Derrière l’écran de feu, nos pupilles dansaient en un nystagmus joyeux, tantôt ascendants,  mimant  la course des flammèches incandescentes nées du bois d’acacia, une des rares espèces résistantes au climat saharien. Plus tard dans la soirée, venait accompagner notre petit cérémonial le son délicat du oud au rythme envoutant des mélopées targuis.  J’avoue avoir observer plus d’une fois, non sans une pointe d’amusement, certains de mes amis lutter pour rester éveillés et ne pas perdre une miette de ces instants offerts par l’éternité. Est-ce à cause de nos  esprits repus d’images sensationnelles, ou est-ce alors à cause de nos jambes pétris par nos foulées, rendus athlétiques sur le sol cahoteux, que nos paupières ployaient jusqu’à céder les une derrières les autres, incapables de prolonger la parenthèse enchantée.

 

 

Au fin fond de ce désert le plus primitif et au contact des  strates géologiques de la  préhistoire.  La Transharienne de la phlébologie a été une fois de plus une expérience rare et délicieuse pour ses participants. Elle aura eu le goût et le parfum  du mystère. Les hommes bleus du Sahara, à l’allure fière, ont fait de leur pain  une délicatesse, de leurs attentions des mets fabuleux, de leurs contes des romans oniriques et de leurs musiques incandescentes une ode à la vie. Nous avons  dormi entre deux méharées, au pied de gigantesques sculptures éoliennes sous le regard bienveillant de monstres rupestres millénaires. Nous avons marché vaillamment à l’unisson le long des vertigineuses arêtes de grès et de schiste. Les empreintes  de nos pas hésitants sur la monumentale dune de Tin Merzouga, vite balayées par le vent nous a rappelé à notre finitude. Mais peut être qu’après avoir été baignés  par tant de lumières célestes, celles-ci  persisteront sur nos rétines, dans un scintillement subtil.

 

 

  • Walking on the Sahara sand, first experience

 

While walking for a few minutes on soft sand may seem pleasant, walking for longer periods can be more difficult and more energy-consuming (2.1 to 2.7 times more). (2)

Subconscious adjustments of foot and ankle joints, and active contractions of the muscles are required to ensure stabilization over the uneven, undulating terrain. (5)

We know that walking on sand is beneficial for injured athletes’ joints in terms of speed of recovery. It has also been shown that this type of surface may help to improve the walking ability of chronic stroke patients. (6)

We have attempted to establish a link between the walking profile and venous disease, but we have no data on the potential benefits of sand walking on venous return, venous disease, or its symptoms.

A unique opportunity to evaluate the effects of sand walking on symptoms of superficial venous insufficiency have been carried out during the second iteration of the Transaharian of Phlebology TOP

 

  •  Remerciements

Merci

Remerciements à Maijanad et a sa fondatrice Nadia, (7) d’ avoir été à l’écoute et d’ avoir su relever le défi en si peu de temps.

A nos hôtes Touareg…..

A mes amis et collègues d’avoir accepté de me suivre dans ce périple merveilleux sans trop poser de question….un joli témoignage de notre amitié.

 

Sammi ZERROUK, président et fondateur du club SANTEVEIN

 

 

  • Références

 

 

  • Zamparo, Paola & Perini, Renza & Orizio, Claudio & Sacher, M & Ferretti, G. (1992). The energy cost of walking or running on sand. European journal of applied physiology and occupational physiology. 65. 183-7.

 

  • Hachid M. Le Tassili des Ajjer, Aux sources de l’Afrique,50 siècles avant les pyramides. Éditions, Paris-Méditaranée.1998

 

  • Gardon-Mollard C. 10000 ans d’Histoire de la contention médicale. Edition Elsevier Masson ; 2010

 

  • Grant, Barbara & Charles, James & Geraghty, Brendan & Gardiner, James & D’Août, Kristiaan & Falkingham, Peter & Bates, Karl. (2022). Why does the metabolic cost of walking increase on compliant substrates?. Journal of The Royal Society Interface. 19. 10.1098/rsif.2022.0483

 

  • Kim TH, Hwang BH. Effects of gait training on sand on improving the walking ability of patients with chronic stroke:a randomized controlled trial. J Phys Ther Sci. 2017 Dec;29(12):2172-2175. doi: 10.1589/jpts.29.2172. Epub 2017 Dec 13. PMID: 29643598; PMCID: PMC5890224.
  • www.maidjanad.com

 

 

Photos et vidéos Sammi ZERROUK

 

 

 

La Transaharienne de la phlébologie

Une aventure unique pour des médecins dans le Sahara, entre histoire et ressourcement, organisée par le club SANTEVEIN